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🎙️ David André - Interview POLICIER/GENDARME

Photo du rédacteur: Mafolielivresque
Mafolielivresque
il y a 20 heures
6 min de lecture
Interview Policier ou Gendarme, David André, Ma Folie Livresque

Interview Policier ou Gendarme, David André, Ma Folie Livresque


Pouvez-vous vous présenter ?


Bonjour, je m’appelle David André. J’ai 65 ans, marié, quatre enfants, une petite-fille. J’ai été policier pendant plus de 40 ans et je suis à la retraite depuis le 1er janvier 2025.

Après une année de service militaire (fusilier-commandos de l’air), je suis entré à l’école des inspecteurs de Police le 1er octobre 1983. J’en suis sorti en juillet 1984, première affectation au Service Départemental de Police Judiciaire des Hauts-de-Seine (SDPJ92) le 1er septembre 1984.

Après 2 ans à l’antenne de Neuilly-sur-Seine, je suis allé pendant 4 ans au Groupe Criminel du SDPJ92 à Nanterre.

Le 1er septembre 1990 je suis venu à la Brigade Criminelle, au 36 quai des Orfèvres à Paris 1er. J’y ai effectué quasiment l’intégralité de ma carrière, comme Inspecteur, puis Inspecteur principal, devenu Capitaine et enfin Commandant de Police. J’ai terminé comme chef de l’Unité d’Analyse et de Veille des Mouvements Terroristes, un groupe de dix policiers au sein de la Section Anti-Terroriste de la Brigade Criminelle.

Je me suis arrêté après les Jeux Olympiques de Paris 2024. 


Quel est votre grade et vos principales missions ?


J’ai donc terminé ma carrière comme Commandant de Police, le plus haut grade d’Officier, en dessous du corps des commissaires.

La Brigade Criminelle a deux sections : Droit Commun et Antiterrorisme. Je suis passé de l’une à l’autre indifféremment. J’ai travaillé sur beaucoup d’affaires criminelles, meurtres, assassinats, viols, enlèvements, etc…

À la Section Antiterroriste (SAT), j’ai notamment effectué les constatations sur plusieurs attentats, parmi lesquels ceux de Maison Blanche, Musée d’Orsay et Port Royal (4 morts en 1996).

Enfin j’ai pleinement été impliqué dans les enquêtes des attentats de 2015, Charlie Hebdo et ceux du 13 novembre. J’étais en charge de la salle de réception des appels à témoignages, et recherche de victimes (plusieurs dizaines de milliers d’appels).


Comment vous est venue l’envie de devenir policier ?


Ce n’était pas particulièrement une vocation, mais après des études de maths-physique, j’ai voulu entrer dans la vie active et ai passé le concours d’inspecteur de Police en 1982.

J’ai cependant toujours aimé le métier de policier, notamment pour le côté intellectuel des enquêtes, la recherche des auteurs de crimes divers. J’ai aimé la diversité des cas, la résolution des investigations. J’ai toujours trouvé cela intellectuellement satisfaisant, la recherche de la vérité. Et j’ai aussi aimé le contact avec les gens, les victimes, les auteurs, la psychologie des individus. Et le côté social de l’aide qu’on pouvait apporter aux gens.


Que pensez-vous des romans écrits par vos collègues en activité ou retraités ?


Je ne suis pas bien placé pour répondre, car je lis peu de ce que mes ex-collègues ont écrit. Je n’aime pas non plus les séries télévisées policières, trop mal jouées et éloignées de la vérité du terrain et des «vraies » enquêtes. J’ai cependant beaucoup aimé le livre de mon collègue et ami Christian Le Jallé, qui a raconté la traque du « Grêlé » l’individu qui a tué plusieurs jeunes filles il y a des années en région parisienne. Ce François Verove a été retrouvé grâce à l’acharnement des policiers qui n’ont jamais laissé tomber et sont parvenus à l’identifier avant qu’il se suicide. Mais ce n’est donc pas un roman, mais plus un récit d’une enquête réelle. Je préfère donc la réalité du terrain aux fictions racontées par des auteurs, certainement très qualifiés, mais que je connais donc mal.

C’est aussi pour cela que dans mon livre, « Crime à la Crim’ » j’ai tenté de rester le plus proche possible de la réalité. J’ai voulu raconter comment se déroule réellement une enquête, les fausses pistes, les espoirs. C’est un rouleau compresseur qui ne permet pas la moindre erreur ni la moindre incertitude. Les policiers n’ont pas des révélations, mais s’acharnent à faire triompher la réalité en avançant avec des outils réels, la téléphonie, les empreintes décadactylaires et génétiques, les témoignages, etc… Tout ça constitue un puzzle qu’il faut reconstituer pour pouvoir peut-être, avec de la chance, réussir une enquête et parvenir à l’arrestation éventuelle d’un coupable.

Donc désolé, je ne lis pas vraiment les romans - sûrement brillants - de mes ex-collègues.


Et est-ce représentatif par rapport à votre métier ?


Et bien, je ne sais pas trop, comme je l’ai expliqué. J’ose penser que, comme ce sont des anciens policiers ou gendarmes, ils sont quand même proches de la réalité et parviennent à faire ressentir la réalité de nos métiers. J’ai bien aimé cependant les romans de mon ex-collègue et chef de Groupe Jean-Paul Copetti qui sont, j’ai trouvé, assez représentatifs du métier de policier. 


Vous identifiez-vous parfois dans les histoires de ces polars ?


Et donc pareillement, je ne m’y retrouve pas vraiment. Les policiers décrits dans les romans en général, qu’ils soient d’anciens policiers ou d’auteurs divers, ne me permettent jamais de m’y identifier. Ils m’apparaissent vraiment trop loin de la réalité des hommes de terrain. J’aime cependant les livres de M.J. Arlidge, mais ça se passe en Angleterre et les processus y sont si différents de ceux appliqués en France, que, même si j’ai plaisir à les lire, je ne m’y retrouve pas comme policier.


Pouvez-vous nous raconter en quelques mots une enquĂŞte qui serait digne de devenir un polar ?


Non, je la garde pour moi… Je plaisante, mais c’est vrai que parfois les affaires sont tellement variées, intéressantes, qu’on a du mal à imaginer que cela ait eu lieu. Cela ferait d’excellent polars. L’imagination des auteurs est souvent dépassée par celle des auteurs de crimes.

Si je peux donner un exemple, ce serait celui de cet homme américain divorcé, sa femme française. Il a la garde de ses trois enfants pendant les vacances en Californie. Il a gardé un tel ressentiment contre son ex-femme qu’il confie ses enfants à sa mère, prétexte un rendez-vous professionnel pour s’absenter. Il prend un avion pour Vancouver, un autre pour Bruxelles, puis vient en train à Paris. Là il s’est fait envoyer une arme démontée dans des colis en poste restante. Il récupère les colis, remonte l’arme et va chez sa femme chez laquelle il rentre avec les clés qu’il avait gardées. Il tue sa femme d’une vingtaine de coups de feu, alors qu’elle est au lit avec un homme qu’elle venait de connaitre sur un site de rencontres. Après, il s’en va, refait le chemin inverse et repart en Californie l’air de rien. Voilà une belle enquête que la Brigade Criminelle a mené, parvenant à coincer l’auteur et prouver le chemin qu’il avait fait pour tuer son ex-femme. Il a été arrêté et a été extradé en France, il ne voulait pas risquer la peine de mort en vigueur en Californie.

Voilà une belle affaire, et une magnifique enquête qui ferait ou aurait fait un excellent polar, avec toutes les fausses pistes et la difficulté à retrouver le parcours de l’auteur.


Dans votre ouvrage « Crime à la Crim’ » fait-il référence à votre métier ou aux missions que vous avez exercées ?


Oui, bien sûr. Je m’inspire d’affaires que j’ai connues, et d’autres que j’ai imaginées aussi. Et comme je le disais, j’ai essayé de rester le plus proche possible de la réalité, de la véracité des procédures et des process des enquêteurs. Donc, oui, mon livre aurait pu être le récit d’affaires réelles, et fait évidemment donc référence à mon métier et aux missions que j’ai exercées. 


Quelle est votre actualité littéraire ?


Crime à la crim', David André, Ma Folie Livresque

Et bien, fort du succès de ce premier livre - toutes proportions gardées et en toute modestie - les retours étant pour la plupart bons et très bons, on m’a demandé ce qu’allaient devenir les policiers qui apparaissent dans mon livre, la petite équipe que j’ai formée pour résoudre les enquêtes auxquelles elle a dû faire face. Les lecteurs se sont attachés à ces personnages et je suis entrain de les faire revivre dans une autre aventure. C’est un ancien roman que j’avais écrit il y a quelques années et que je suis entrain de reprendre entièrement en y accrochant les protagonistes de « Crime à la Crim’ ».

J’espère que je vais réussir à faire quelque chose de cohérent et qui plaira. Je suis mon premier critique et, si ça ne me plait pas, je reprendrai cet écrit pour le triturer et le façonner de manière à ce que le résultat soit bon.


Et mon actualité c’est également le salon Noires Brumes en mai 2027, auquel vous avez eu la gentillesse de m’inviter et où je serai présent avec grand plaisir…


Le mot de la fin


À la fin de mon livre, les protagonistes se réunissent dans un bureau, au 36 Quai des Orfèvres, une bière à la main, assis sur des antiques canapés échoués dans les locaux depuis de nombreuses années. Ils se regardent, ils se comprennent mais ne disent rien. Décidément l’année avait été difficile, est ma conclusion du roman. Et bien pour moi, c’est un peu l’inverse car, grâce au soutien de mes proches, et à la confiance des éditions Glyphe, j’ai pu donner vie à mon roman et j’en suis très fier et satisfait. Cela m’a donné également l’opportunité de faire de belles rencontres, des lecteurs, des professionnels de l’édition, et des amoureux des livres, comme vous, Marie-Laure…

Pour moi l’année a été belle !


Interview Policier ou Gendarme, David André, Ma Folie Livresque

🎙️ David André - Interview POLICIER/GENDARME réalisée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque

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