🎙️ FABIO M MITCHELLI : L’INTERVIEW !
- Mafolielivresque

- 14 août 2024
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 juil. 2025

Photo : Mathieu Guenon
J'ai l'honneur de vous présenter Fabio M. Mitchelli, un auteur révélé au grand public par son thriller La Compassion du diable, surnommé « le livre bleu », s’inspirant de faits réels sur le comportement de tueurs en série du XXe siècle. Ses œuvres se distinguent par une exploration minutieuse des méandres de la noirceur humaine et une fascinante plongée dans l’âme des criminels célèbres de cette époque.
Fabio a accepté de se prêter au jeu de mes questions pour cette 23ème interview.
Préparez-vous à plonger dans l'univers fascinant de ses œuvres et à découvrir les secrets derrière ses intrigues palpitantes !
MERCI INFINIMENT FABIO POUR TA DISPONIBILITÉ ET TA GENTILLESSE
Né à Vienne (Isère) en 1973, Fabio M. Mitchelli est un artiste qui explore une multitude de domaines : musicien, parolier, comédien, scénariste et écrivain. il romance des faits divers, et construis des fictions sur la base de faits réels, des affaires criminelles françaises médiatiques.
Son intérêt marqué pour les tueurs en série du dernier siècle le conduit à collaborer étroitement avec des spécialistes tels que des criminologues, des psychanalystes, des officiers de police judiciaire et des magistrats. Cette approche collaborative et documentée est au cœur de sa méthode de travail. Lors des phases de recherche et de documentation, Fabio M. Mitchelli adopte une démarche immersive, se déplaçant sur le terrain pour rencontrer les protagonistes des affaires qu'il explore à la manière d'un chroniqueur judiciaire lui permettant de collecter des informations de première main et de reconstituer avec authenticité les contextes et les dynamiques des crimes qu'il choisit de mettre en lumière.
À travers ses romans, Fabio M. Mitchelli s'efforce de présenter des récits crédibles et intrigants, ancrés dans la réalité des faits tout en explorant les aspects psychologiques et sociaux des crimes et de ceux qui les commettent. Son travail reflète à la fois une profonde recherche documentaire et une sensibilité artistique qui lui permet de captiver ses lecteurs en leur offrant des récits à la fois sombres et fascinants.
Qu’est-ce qui t'a poussé à écrire ? Et pourquoi le thriller en t'inspirant de faits réels sur le comportement de tueurs en série ?
Des bouquins dans les mains et des films plein les yeux, le gosse que j’étais passait des heures enfermĂ© dans sa chambre Ă se faire peur, Ă essayer de s’imaginer les grandes plaines dĂ©solĂ©es et glacĂ©es du grand nord canadien, avec « Croc-Blanc », de Jack London, ou « L’appel de la forĂŞt ». Adolescent, j’étais passionnĂ© par la littĂ©rature noire, la littĂ©rature fantastique et les films d’horreur. Edgar Alan Poe fut pour moi le rĂ©vĂ©lateur de mon coeur d’écrivain (sans faire de jeu de mots!). Le cinĂ©ma m’a beaucoup influencĂ©, tel que celui de David Lynch, ou encore Hitchcock… Dès mes quinze ans, je me suis mis Ă imaginer de terribles histoires, Ă les Ă©crire. Et puis j’ai dĂ©couvert la plume de King, la collection Gore de chez Fleuve Noir, GrangĂ©, Lovecraft, Thomas Harris et son Hannibal Lecter, Philippe K.Dick et Maurice G.Dantec. Evidemment, je n’étais pas complètement hermĂ©tique Ă la littĂ©rature de Baudelaire, Sartre, ou Camus. Et je trouvais mĂŞme cela plutĂ´t amusant de mĂ©langer le noir et le blanc…Â
Et pour répondre à la question concernant mon attrait pour les faits réels, je dirais que je m’inspire beaucoup de la réalité, d’affaires criminelles ayant existées, car ils m’apportent une matière incomparable. La réalité dépasse, et de loin, la fiction. Cela me permet d’en apprendre toujours davantage sur la troublante et improbable psychologie humaine. Je suis assez fasciné par les grands criminels du XXeme siècle.
Le sujet de ton dernier livre « Le loup dans la bergerie » s’est-il imposé de lui-même ?
Non, cette histoire m’a été rapporté par un ami policier, un ancien patron de la BRB de Marseille. J’ai dû effectuer de nombreuses et longues recherches.
Comme dans « L’ombre de l’autre » (inspiré de l’escalade criminelle de Francis Heaulme), livre qui précède celui-ci, les personnages sont réels, tout ce qui s’est produit dans l’affaire du berger de Caussols est également reporté dans Le loup dans la bergerie. J’y ai ajouté une histoire parallèle, notamment avec la fille du commandant Steiner. Je travaille avec les méthodes d’un journaliste d’investigation judiciaire, j’enquête, je rencontre sur place la plupart des protagonistes, à l’endroit même où se sont déroulés les drames… Je mélange ces faits divers avec une trame de fiction, car malgré cette matière réelle, je désire avant tout offrir au lecteur du divertissement, une part de rêve. Je ne veux en aucun cas tomber dans le documentaire.
OĂą Ă©cris-tu ? Ă€ quel moment de la journĂ©e ? Combien de temps consacres-tu Ă l’écriture ?Â
L’hiver, j’écris généralement chez moi, à mon bureau, et l’été, très souvent en terrasse de café. Lorsque je suis en phase d’écriture, je travaille sans relâche, plutôt du soir au matin (parfois tôt !), mais en général, une semaine sur deux je me lève tôt pour attaquer l’écriture, de 8h30 à 14h00, pour reprendre à 16h00 jusqu’à 21h00.
Fais-tu un plan ou ton histoire vient à toi d'elle-même ? As-tu besoin d'une ambiance particulière (musique, lumières, etc … ) ?
Pour l’aspect fiction, comme un écrivain qui sollicite son imagination, je plonge dans les limbes de mon imaginaire en écoutant beaucoup de musique atmosphérique (du genre de celle d’Ólafur Arnalds, compositeur de la BO de la série Broadchurch). Comme un comédien qui se met dans la peau de son personnage, j’essaie de me mettre dans la peau de ceux de mes romans, mais je soigne ma schizophrénie... Après tout cela, je construis un séquencier, une sorte de scénario de l'histoire, un texte synthétique qui va architecturer la trame. Enfin, la phase d'écriture et celle des corrections vient parachever une année entière de travail.
Comment fais-tu tes recherches pour les lieux, les personnages, afin d'apporter du rĂ©alisme Ă ton histoire ?Â
En fait, considérant que tous mes romans sont inspirés de faits réels, je donne vie à un nouveau livre lorsque je me déplace pour rencontrer les acteurs principaux de l'affaire sur laquelle je vais travailler. Pour l’aspect réel, comme un journaliste qui se documente, qui fait des recherches sur les protagonistes d’une affaire criminelle, sur ses aspects sociaux, juridiques, psychologiques, médicaux même, je vais rencontrer les magistrats, les policiers, témoins, psychanalystes, ou encore des proches des victimes ou des criminels, ceci afin de récolter la matière qui va me servir à l'écriture. Je travaille aussi essentiellement sur des bases de données journalistiques déjà existantes concernant les faits (documentaires vidéos, reportages presse, média divers, etc.). Je mène mes investigations à la manière d’un enquêteur qui exhume les cold cases, traque les informations cachées ou laissées en suspens…
Prochainement, tu vas publier « Dans la cuisine du diable » aux Éditions L'Oiseau Noir, peux-tu nous en parler ?
En Ă©crivant ce roman, je voulais absolument renouer avec les lecteurs de « La compassion du diable », mais je dĂ©sirais Ă©galement retrouver le plaisir de cette plume particulière; noire, acide, brĂ»lante, sulfureuse. J’avais de nouveau envie de jouer avec les sens olfactifs et auditifs des lecteurs. Ce rĂ©cit s’inspire de façon anecdotique de trois tueurs en sĂ©rie amĂ©ricains : Jeffrey Dahmer, John Wayne Gacy, et Charles Albright, mais il s’inspire avant tout de Dmitry Baksheev, 35 ans, et de son Ă©pouse Natalia, 42 ans.Â
Le 11 septembre 2017, les policiers ont trouvĂ© un tĂ©lĂ©phone portable dans une rue de Krasnodar, en Russie. Afin d’identifier son propriĂ©taire, les agents ont fouillĂ© le smartphone et ont dĂ©couvert Ă l’intĂ©rieur un selfie particulièrement atroce : celui du propriĂ©taire du tĂ©lĂ©phone en train de dĂ©vorer une main humaine. Dmitry Baksheev et sa femme, Natalia Bakshaeva, ont Ă©tĂ© interpellĂ©s. PlacĂ©s en garde Ă vue, ils sont rapidement passĂ©s aux aveux et ont reconnu spontanĂ©ment avoir tuĂ© et mangĂ© au moins trente personnes. Une perquisition a Ă©tĂ© effectuĂ©e Ă leur domicile, oĂą plusieurs morceaux humains ont Ă©tĂ© dĂ©couverts dans un congĂ©lateur. Des bocaux de « viande humaine » ont Ă©galement Ă©tĂ© saisis. Dmitry Baksheev a expliquĂ© s’adonner au cannibalisme depuis dix-huit ans. Une photo datĂ©e du 28 dĂ©cembre 1999, retrouvĂ©e Ă son domicile, laissait entrevoir une tĂŞte humaine posĂ©e sur une assiette ornĂ©e d’oranges.Â
Les enquêteurs cherchent désormais à identifier d’autres victimes que l’effroyable couple aurait pu contacter sur des sites de rencontres. Selon des sources judiciaires citées par plusieurs médias russes, le terrifiant duo élaborait des recettes et des tutoriels culinaires en vidéo… et c’est sur ce dernier point que m’est venu l’idée des fameuses recettes de cuisine.
« Dans la cuisine du diable » est une sorte de spin-off qui met en scène l’un des personnages de « La compassion du diable », vingt ans plus tard, mais également un duo d’enquêteurs très particulier…
Pour terminer cette entrevue, je te laisse le mot de la fin…
Je donne rendez-vous à mes lectrices et lecteurs le 28 août, en librairie. En espérant que ce nouvel opus, aussi noir que glacial, vous fera passer de nombreuses nuits blanches…
Pour découvrir plus amplement l'univers de ce grand auteur de thrillers, je vous invite à vous procurer ses livres dans de nombreuses librairies, en commande, et également sur de nombreuses plateformes.

Réédité aux Éditions L'OISEAU NOIR, disponible en librairie depuis le 23 juin 2023.
Et si parmi ceux que vous croisez tous les jours, se cachait un tueur sanguinaire ?
Des corps atrocement mutilés s’accumulent dans l’Ohio et un duo d’inspecteurs de la crim’, Victoria Fletcher et Freddy Lawrence, se lance sur la piste du “cannibale de Cleveland”. Cette traque sans relâche les confrontera avec le pire, une âme criminelle qui va faire écho à leurs propres démons et réveiller les fantômes qui hantent leur passé.
Et en parallèle, il y a Blake. Blake qui, même avant sa naissance, a nourri son âme avec le Mal et dont les pulsions destructrices laissent d’innombrables victimes dans son sillage. Cet homme pourrait-il être le diable en personne ?
Et vous qui allez découvrir toute sa vie dans les moindres détails, pourriez-vous avoir de la compassion pour lui ?
Ce thriller a reçu le prix Dora-Suarez et a été finaliste du Prix polar Saint-Maur en Poche.
Un aperçu de ce qui vous attend... La compassion du diable de Fabio M. Mitchelli [booktrailer]
➡️ En bref :
J’ai rencontrĂ© Fabio lors des Quais du Polar en 2016 Ă Lyon. J’ai lu son premier thriller, La Compassion du diable, paru en 2014 aux Ă©ditions Fleur Sauvage, surnommĂ© « le livre bleu ». Depuis, je suis son parcours littĂ©raire avec toujours autant de plaisir et j’apprĂ©cie chaque rencontre lors des diffĂ©rents salons.Â
Je ne peux que vous recommander ses ouvrages indispensables dans une PAL qui se respecte !!
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🎙️ FABIO M MITCHELLI : L’INTERVIEW ! est menée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque
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