top of page

🎙️ Interview POLICIER/GENDARME - Patrick Mallet

Photo du rédacteur: Mafolielivresque
Mafolielivresque
il y a 7 minutes
4 min de lecture
Interview POLICIER/GENDARME - Patrick Mallet, Ma Folie Livresque

Interview POLICIER/GENDARME - Patrick Mallet, Ma Folie Livresque


Pouvez-vous vous présenter ?


Je suis un pur produit lyonnais, né il y a 66 ans dans la capitale des Gaules et j’ai fait toute ma carrière de flic sur le département du Rhône. Retraité depuis une dizaine d’années, je partage mon temps libre entre sport (vélo, échecs), bénévolat pour diverses associations, famille, balades en moto, lecture et écriture. Parmi mes nombreux vices, je prends un grand plaisir à torturer les personnages auxquels je donne vie dans mes romans ou partager un verre avec mes amis.


Quel est votre grade et vos principales missions ?


Je suis commandant de police honoraire, titre pompeux qui signifie que je suis retiré des cadres. J’ai travaillé dans des services d’investigation (crime, mœurs, vols avec violence,…) pendant plus d’une vingtaine d’années, mais j’ai également œuvré en police de proximité ou au cabinet du préfet. Le boulot de flic a ceci de passionnant que l’on peut faire plusieurs métiers très différents dans sa carrière. 


Comment vous est venue l’envie de devenir policier ?


Vers l’âge de 16 ou 17 ans, en discutant avec un copain dans la cour du lycée. Nous nous sommes persuadés mutuellement d’avoir cette vocation. Trois ans plus tard, je passais le concours d’enquêteur de police. Lui a suivi d’autres voies. Je n’ai jamais regretté mon choix.


Que pensez-vous des romans écrits par vos collègues en activité ou retraités ?


Le nombre de flics qui écrivent des polars me paraît incommensurable et j’en découvre encore chaque jour. Les univers sont sensiblement différents mais je retrouve chez la plupart de ceux qui se consacrent au polar pur jus cette ambiance de service si particulière. Ça fait un bien fou de se sentir à la maison. 


Et est-ce représentatif par rapport à votre métier ?


Le boulot de flic, tel que je l’ai personnellement connu, est très différent à bien des égards. Entre la multitude de dossiers que vous avez en portefeuille (y compris à la Crime), les nécessités de la procédure pénale française qui exige que vous passiez plus de la moitié de votre temps derrière le clavier à rédiger des procès-verbaux d’interpellation, de perquisition, de constatations, d’auditions, de garde à vue et les heures de planque pendant lesquelles il ne se passe rien, le combo espace/temps est forcément disproportionné. Une fiction reste une concentration d’actions et de réflexions qui, dans la réalité de la vie du flic, s’échelonne de façon beaucoup moins linéaire.


Vous identifiez-vous parfois dans les histoires de ces polars ?


Cela m’arrive rarement sur la globalité d’une intrigue, mais certaines scènes peuvent effectivement me renvoyer à des situations que j’ai vécues sur le terrain. Nostalgie nostalgie…


Pouvez-vous nous raconter en quelques mots une enquĂŞte qui serait digne de devenir un polar ?


Une enquête m’a particulièrement marqué au début des années 90, lorsque j’étais à la section criminelle, et ce d’autant plus que j’étais directeur d’enquête. Une affaire de meurtre au cours de laquelle un jeune agent de sécurité de 24 ans s’était fait poignarder à la gare de Perrache. De nombreux témoins avaient assisté à la scène et lorsque des photos leur ont été présentées, une dizaine d’entre eux a formellement reconnu l’un des trois auteurs des faits. Nous l’avons interpellé le lendemain à proximité de la gare et tous ont confirmé qu’il avait participé au meurtre alors que lui clamait son innocence. Nous avons fait un travail de fourmi sur chaque détail du déroulement de l’après-midi et nous avons acquis la conviction que quelque chose clochait. Le juge d’instruction n’avait pas d’autre choix que de demander son incarcération. Nous avons repris et disséqué chaque élément pour finalement parvenir à identifier un autre individu qui s’est avéré être un véritable sosie. Interpellé quelques jours plus tard, il a reconnu les faits. Et là, chaque détail collait parfaitement. Sans ce travail minutieux, un homme aurait pu passer des mois, voire des années en prison pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. 


Votre ouvrage « Traboule pour l’enfer », fait-il référence à votre métier ou aux missions que vous avez exercées ?


Les meurtres et les vols à main armée ont été mon quotidien pendant de nombreuses années, notamment lorsque j’étais en poste à la section criminelle de la sûreté départementale du Rhône. J’ai également eu à en traiter lorsque j’étais aux Moeurs ou à la brigade de répression des actions violentes. En revanche, je n’ai jamais connu ou entendu parler de braquage de corbillard au cours de ma carrière. De même pour les macchabées saupoudrés tout au long de la traboule, toute ressemblance avec des cadavres ayant existé serait purement fortuite. 


Quelle est votre actualité littéraire ?


Traboule pour l'enfer, Patrick Mallet, Les passionnés de bouquins, Ma Folie Livresque

Quelques-uns des personnages de « Traboule pour l’enfer » avaient encore des dossiers qui leur tenaient à cœur et nous sommes en train de les développer. Ce second roman devrait, si tout va bien, être publié l’année prochaine. J’ai encore deux ou trois projets d’écriture qui devraient suivre. 


Le mot de la fin


Flic est un métier aux multiples facettes, mais toujours passionnant. On est au cœur de l’Homme, de ses passions, de ses souffrances, de ses tourments et on plonge parfois avec lui au plus profond de sa noirceur, mais également de son humanité. On n’imagine pas à quel point le policier est un acteur social majeur. 


Interview POLICIER/GENDARME - Patrick Mallet, Ma Folie Livresque

🎙️ Interview POLICIER/GENDARME - Patrick Mallet réalisée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque

N'hésitez pas à laisser un commentaire ou me contacter

Photo : Thierry Tijeras de l'Agence Nos Territoires

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page