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đŸŽ™ïž JACQUES MORIZE : L’ INTERVIEW !

DerniĂšre mise Ă  jour : 11 mai


Jacques Morize, interview par Ma Folie Livresque

Photo : Jacques Morize


C'est avec un grand plaisir que Ma Folie Livresque vous convie à cette 11Úme interview, une occasion de plonger dans l'univers captivant de l'auteur de polars chevronné, Jacques Morize. 


Au fil de cet échange, vous aurez le privilÚge de découvrir les coulisses de son processus créatif et les secrets de ses intrigues palpitantes. 


MERCI INFINIMENT JACQUES POUR TA CONFIANCE ET TA BIENVEILLANCE


NĂ© la mĂȘme annĂ©e que la constitution de la VĂšme rĂ©publique, mariĂ©, pĂšre et grand-pĂšre. Il a vĂ©cu les quarante-trois premiĂšres annĂ©es de sa vie en banlieue parisienne avant de venir s’installer avec sa famille en rĂ©gion lyonnaise pour des raisons professionnelles.

Bien que ses Ă©tudes aient Ă©tĂ© sinueuses, la Sorbonne a fini par lui octroyer une maĂźtrise de gĂ©ographie, option amĂ©nagement-urbanisme (dont le sujet « Seine propre en l’an 2000 », reste d’une brĂ»lante actualité !).

Il a ensuite travaillĂ© dans le domaine de l’immobilier commercial, ce qui l’a amenĂ© Ă  beaucoup voyager, en France et dans quelques autres pays. Maintenant, il est Ă  la retraite.

Ses loisirs sont centrés autour du sport et du tourisme. Il a longtemps pratiqué la voile, et s'est mis au ski tardivement et depuis quelques années, il court réguliÚrement.

Par ailleurs, avec sa femme, ils aiment voyager, essentiellement autour de la MĂ©diterranĂ©e, qui reprĂ©sente un trĂšs beau terrain de jeu. Enfin, le portrait ne serait pas complet s'il ne prĂ©cisait pas qu'il apprĂ©cie la bonne chĂšre et le bon vin et qu’en consĂ©quence, il aime cuisiner !

C’est en 1986 que l’envie d’écrire s’est imposĂ©e aprĂšs l'avoir longuement titillĂ©. Envahi par cette impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ©, il a saisi un cahier et un stylo et y a succombĂ©. Il a crĂ©Ă© de toutes piĂšces un as de l’antiterroriste, Luc Castillon. Il sera le personnage rĂ©current de ses sept premiers polars, pour lesquels il n’a pas trouvĂ© d’éditeur. Il les a intĂ©gralement repris depuis lors et ils sont disponibles en auto-Ă©dition.

AprĂšs son installation dans la capitale des Gaules, il a imaginĂ© un nouveau personnage, Abel SĂ©verac, un commissaire de la PJ.  Il sert de base Ă  des polars plus classiques que les prĂ©cĂ©dents, et ils ont pour cadre Lyon et sa rĂ©gion. Cette sĂ©rie compte Ă  prĂ©sent dix titres, tous parus aux Ă©ditions AO – AndrĂ© Odemard.


  • Qu'est-ce qui t'a poussĂ© Ă  Ă©crire ? Et pourquoi le polar/policier ?


Je pense que j’ai toujours eu une certaine facilitĂ© Ă  Ă©crire, alors mĂȘme que je n’ai pas toujours eu d’excellentes notes en français et en philo. Une raison Ă  cela, les amis de Lagarde et Michard(1) me barbaient un peu et du coup, je ne parsemais pas mes productions scolaires de ces savantes rĂ©fĂ©rences qu’apprĂ©cient tant les professeurs. Bien sĂ»r, j’aurais pu Ă©mailler mes dissertes de quelques citations de San Antonio, car je vouais un culte Ă  FrĂ©dĂ©ric Dard, mais je craignais qu’elles fussent mal perçues ! Et pourtant, c’est bel et bien ce natif de Bourgoin-Jallieu qui m’a donnĂ© l’envie d’écrire. D’ailleurs, la filiation est trĂšs nette entre son commissaire et Luc Castillon, mon premier personnage, et l’on me dit souvent que l’on retrouve des traces de son influence dans mes SĂ©verac.

Avec un tel inspirateur, le polar semblait une Ă©vidence, d’autant que je me suis Ă©galement nourri des grands anciens, Simenon, Agatha Christie, Exbrayat et de quelques autres depuis lors. En fait, j’ai toujours aimĂ© lire des romans policiers ou d’espionnage, et je ne me verrais pas Ă©crire autre chose. Le polar permet, autour d’une intrigue qui sert de fil rouge, d’aborder tous les sujets, la sociĂ©tĂ©, la politique, la vie et la mort, l’amour, l’amitiĂ©, la haine, la cruautĂ©, la compassion



(1) Manuels scolaires de littérature française.


  • OĂč Ă©cris-tu ? À quel moment de la journĂ©e ? Combien de temps consacres-tu Ă  l’écriture ? 


Avant d’évoquer le lieu, il faut prĂ©ciser le support. Sauf exception, j’utilise un cahier avant de retranscrire le manuscrit sur mon ordinateur. Mon lieu de prĂ©dilection, c’est le petit bureau que j’ai amĂ©nagĂ© chez moi. Ses murs sont recouverts de bibliothĂšques pleines de polars et de BD, mais aussi de photos et de cartes postales. Cependant, je suis aussi capable d’écrire n’importe oĂč ailleurs, dans un bistrot, un train, un avion ou un hĂŽtel, et mĂȘme dans un salon du livre en attendant le lecteur ! Cette habitude, qui ne m’a pas quittĂ© bien que je sois retraitĂ©, je l’ai prise quand je travaillais et que j’étais sans cesse en dĂ©placement. Un moment de libre, je sortais mon cahier. L’écriture par bribe, en quelque sorte.


Pour ce qui est du moment et du temps, la rĂ©ponse dĂ©coule de ce qui prĂ©cĂšde. Lorsque je bossais, j’écrivais dĂšs que cela m’était possible, un petit bout par-ci, un petit bout par-lĂ . Afin que cela ne soit pas trop dĂ©cousu, je m’astreignais Ă  le faire un peu tous les jours et bien sĂ»r, davantage pendant mes vacances. Depuis que je suis Ă  la retraite, je suis censĂ© consacrer une partie de l’aprĂšs-midi Ă  l’écriture
 mais j’ai du mal Ă  respecter cet emploi du temps, il y a tant d’autres choses Ă  faire ! Selon l’inspiration, je peux Ă©crire deux ou trois heures par jour, ou rien du tout. Mais quoiqu’il en soit, alors qu’il me fallait deux ans pour sortir mes premiers SĂ©verac, Ă  prĂ©sent, c’est plutĂŽt moitiĂ© moins, ce qui prouve que j’arrive quand mĂȘme Ă  me discipliner !


  • Le sujet de tes livres a pour base un quartier de Lyon. Ce choix s'est-il imposĂ© de lui-mĂȘme ?


Le Diable de Montchat est le titre du premier SĂ©verac, Ă©crit peu aprĂšs mon arrivĂ©e Ă  Lyon en 2001. À l’époque, mes bureaux se trouvaient cours Albert Thomas dans le 8e. Les premiers mois, je me suis beaucoup perdu dans le quartier voisin de Montchat, dont les sens uniques anarchiques me rendaient fou ! J’ai donc dĂ©veloppĂ© une certaine rancƓur Ă  l’encontre de ce quartier pourtant charmant, exerçant Ă  son encontre une mesquine vengeance en y faisant sĂ©vir ce diable fort peu sympathique. Un hasard donc, puisqu’à l’époque, il n’était pas dans mon idĂ©e d’attribuer un quartier Ă  chacun des opus de cette sĂ©rie naissante. C’est ainsi que pour le second Ă©pisode, j’avais choisi pour titre « Le silence des autruches »  Mais l’éditeur que j’avais trouvĂ© pour ces deux premiers volumes m’a suggĂ©rĂ© de rester dans la veine lyonnaise et c’est ainsi que le silence des autruches s’est transformĂ© en Rouge Vaise.


  • Fais-tu un plan ou ton histoire vient Ă  toi d'elle-mĂȘme ? As-tu besoin d'une ambiance particuliĂšre ?


Pas de synopsis, de trame ou de plan pour moi. Le point de dĂ©part provient d’un fait divers ou de mon imagination, et le reste se met en place petit Ă  petit. Un peu comme une enquĂȘte policiĂšre, sauf que j’ai un Ă©norme avantage sur les flics : si je me retrouve coincĂ© dans une impasse, je peux revenir en arriĂšre, modifier quelques dĂ©tails et repartir !

En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, je n’ai pas besoin d’une ambiance particuliĂšre. Parfois, j’écoute de la musique, du rock ou de la pop, mais mĂȘme dans un lieu bruyant, j’arrive la plupart du temps Ă  m’abstraire suffisamment pour pouvoir Ă©crire sans boules Quies ou Ă©couteurs. La seule chose qui me dĂ©range vraiment quand je suis dans un lieu public, c’est qu’un voisin indĂ©licat tente de lire ce que je suis en train de pondre.


  • Comment fais-tu tes recherches pour les lieux, les personnages, afin d'apporter du rĂ©alisme Ă  ton histoire ?


Lorsque j’ai choisi le quartier qui va servir de base Ă  l’intrigue, je m’y rends plusieurs fois et je le sillonne de long en large. Je prends beaucoup de photos, quelques notes et je teste restos et bistrots (hips !). Comme mon polar ne reste pas enfermĂ© dans le quartier en question, j’effectue d’autres repĂ©rages au fur et Ă  mesure de l’écriture. Pour ce qui concerne mes personnages, la plupart des membres de mon Ă©quipe policiĂšre et judiciaire m’ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par des connaissances, amis, collĂšgues de boulot ou personnes rencontrĂ©es dans ce cadre.


  • Ton personnage principal dans tes romans policiers est le commissaire Abel SĂ©verac. Pourquoi est-il important d'avoir un personnage d'enquĂȘteur fort pour accrocher le lecteur ?


C’est le principe du personnage rĂ©current. J’évoquais San Antonio, Maigret et Agatha Christie (Miss Marple, Hercule Poirot). Il y en a d’autres chez Thilliez et Fred Vargas, pour ne citer qu’eux. Je pense effectivement qu’ils sont essentiels pour accrocher le lecteur et qu’ils constituent le fil rouge que l’on est heureux de retrouver dans chaque nouvel opus. Pour cela, il faut parvenir Ă  crĂ©er une personnalitĂ© attachante, avec ses qualitĂ©s, ses dĂ©fauts et ses failles. Quelqu’un en qui, sans doute, le lecteur peut partiellement s’identifier ou s’attacher, retrouver un peu de son propre vĂ©cu, de ses joies, de ses peines et de ses rĂȘves. Avec Abel, j’espĂšre ĂȘtre parvenu Ă  rĂ©ussir cette alchimie complexe.


  • Pour terminer cette entrevue, je te laisse le mot de la fin...


Pour conclure, car il faut toujours conclure (n’est-ce pas, Jean-Claude ?(2)), je dirais que l’écriture est pour moi un merveilleux moyen d’évasion et de ressourcement. MĂȘme lorsque je n’étais pas Ă©ditĂ©, j’avais plaisir Ă  m’immerger dans ce monde imaginaire que j’inventais au fil des mots.

Ce plaisir, je l’ai toujours, avec en plus celui de pouvoir le partager avec des lecteurs. Et c’est Ă  eux que je voudrais dire un grand merci, en particulier Ă  tous ceux qui, en salon ou en dĂ©dicace, viennent me parler d’Abel ou de Culbuto un peu comme ils me parleraient d’amis communs.


(2) RĂ©fĂ©rence Ă  Jean-Claude Dusse (Michel Blanc) dans Les bronzĂ©s, encore une rĂ©fĂ©rence qui n’aurait pas plu Ă  ses profs !




Pour découvrir plus amplement l'univers de ce grand auteur de polars qu'est Jacques Morize, je vous invite à découvrir son site : jacques-morize-polar.fr


Pour les Castillon, ceux-ci peuvent ĂȘtre commandĂ©s directement par l’intermĂ©diaire de l’auteur ou disponible sur Amazon en impression Ă  la demande et en ebook  : suivez le lien


La série "Brigade antiterroriste" avec le personnage Luc Castillon :




Pour les Séverac, vous pouvez vous les procurer sur le site de sa maison d'édition AO - André ODEMARD et sur les sites de librairies en ligne (Decitre, FNAC, Chapitre, Amazon), également disponible en ebook.


Les enquĂȘtes du commissaire Abel SĂ©verac :




Jacques Morize. Pas de corona pour SĂ©verac

=> Pas de corona pour Séverac, publié aux éditions AO - André Odemard, est un polar original se déroulant pendant la pandémie. Cette association entre le genre policier et le contexte de ce virus offre une intrigue captivante et innovante. 


Avec ses 80 pages, cette nouvelle offre une lecture courte mais intense, à un prix abordable de 9,90 €. 


En résumé, une lecture fort sympathique qui saura ravir les amateurs de romans policiers.




 

En bref...

lJacques Morize m'a permis de découvrir le commissaire Abel Séverac pour la premiÚre fois à travers son roman "Terminus : Gerland", publié en juin 2022 aux éditions AO-André Odemard, sur les recommandations de Nelly Burglin Razik, agent littéraire.


Abel SĂ©verac est un personnage atypique qui nous entraĂźne dans la dĂ©couverte de Lyon et de ses quartiers. Ce commissaire, bon vivant et Ă©picurien, apprĂ©cie les plaisirs de la bonne chĂšre, du bon vin et de la compagnie des jolies femmes, et il est au cƓur de cette exploration de la ville.


Homme réservé et sérieux, doté d'une grande intégrité professionnelle, Abel Séverac est dévoué à son travail en tant que commissaire de police. Il est reconnu pour son intelligence, sa méthode et sa perspicacité, lui permettant de résoudre des énigmes complexes.


Dans sa vie personnelle, il peut parfois ĂȘtre solitaire ou introspectif, en raison des exigences de son travail qui lui demandent beaucoup de temps et d'Ă©nergie. MalgrĂ© cela, il peut Ă©galement faire preuve de chaleur humaine et de compassion envers les personnes qu'il rencontre au cours de ses enquĂȘtes.



Vous pouvez suivre Jacques Morize sur :




Je vous partage les liens de mes chroniques pour :




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Cette interview de Jacques Morize est menée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque

N'hésitez pas à laisser un commentaire ou me contacter...


 

âžĄïžÂ Prochaine interview :


Je vous proposerai une rencontre avec SĂ©bastien Theveny, auteur de plusieurs romans Ă  succĂšs.



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