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🎙️ PASCAL CAILLE : L’INTERVIEW !

  • Photo du rédacteur: Mafolielivresque
    Mafolielivresque
  • 17 avr.
  • 6 min de lecture

Interview, Pascal Caillé, Ma Folie Livresque
Crédit Photo : Nadège Fagoo

Je vous invite à faire connaissance avec Pascal Caillé, auteur de La Fugue de Barbarie, paru aux éditions Les Passagères en octobre 2025, et récompensé par le Grand Prix des Écrivains des Hauts-de-France remis par Franck Thilliez

Au cours de cette 64e interview, il nous ouvre les portes de son univers, revient sur l’origine profondément intime de son récit et partage sa manière d’écrire, entre mémoire et transmission.

Un échange riche et sincère autour d’un témoignage puissant qui interroge la survie, la mémoire et l’héritage familial.


MERCI INFINIMENT PASCAL POUR TA CONFIANCE ET TA GENTILLESSE


Né avec la Ve République. Diplômé de l’Institut de l’Audiovisuel et du Centre de Formation et de Perfectionnement des journalistes, il a exercé un métier-passion à la croisée du journalisme et de la communication. Durant 25 ans, il a fondé et dirigé une agence de communication éditoriale œuvrant pour de grandes entreprises. Aujourd’hui, libre de toutes contraintes, il se consacre à ses deux passions : la littérature et la photographie.


🎤 À présent, passons à l'interview :


  • Qu’est-ce qui t'a poussé à écrire ? 


Un appel ne cessait de résonner en moi, depuis l’enfance : retracer toute l’histoire de mon père dans les camps d’extermination nazis. À partir de quelques fragments de récits, j’ai entrepris de reconstituer le fil de son parcours. 

L’écriture a toujours été au cœur de mon expertise. Pourtant, passer d’une écriture journalistique à une écriture littéraire m’apparaissait comme une montagne infranchissable. Mes mots sauraient-ils rester crédibles ? Serais-je capable d’écrire un livre intéressant et publiable ?

Peu à peu, ce travail a dissipé mes doutes et je me suis lancée pleinement dans l’aventure. C’est ainsi qu’est née La Fugue de Barbarie.


  • Comment définirais-tu « La fugue de Barbarie » ? Le perçois-tu comme un roman noir, un témoignage, ou autre chose ?


Ce livre se veut un témoignage authentique. Il s’appuie sur une compilation de récits, de fragments de conférences, d’interviews, d’articles de presse et de recherches documentaires. La part de fiction y est volontairement limitée : elle se manifeste uniquement par l’ajout de dialogues, conçus comme des respirations au sein d’un récit émouvant et engagé.


  • J’ai découverte ta plume avec « La fugue de Barbarie », un livre marquant qui m’a profondément émue et mis mal à l'aise. Le sujet de ce roman s’est-il imposé de lui-même ?


Oui, comme je l’ai déjà évoqué, ce sujet m’habitait depuis longtemps. Disposant de temps libre, il m’a semblé nécessaire de reconstituer cette histoire, à la fois mémorielle et filiale. Avant de rédiger les premières lignes, j’avais posé quelques principes : il s’agirait d’un témoignage factuel, rédigé à la première personne et au présent. L’intention du récit serait la suivante : « Comment un homme peut-il survivre à la pire des barbaries ? »


  • Où écris-tu ? À quel moment de la journée ? Combien de temps consacres-tu à l’écriture ? 


J’écris sur ordinateur dans mon salon sur un petit bureau Art Déco que j’aime particulièrement. Je limite la taille de mon espace d’écriture car plus grand serait mon bureau, plus grand serait mon bazar. 

Pour La Fugue de Barbarie, je démarrais le matin vers 7ou 8 heures. Je poursuivais mon écriture le temps de coucher l’idée à son terme ; souvent, en fin d’après-midi. 

Mes insomnies font parties également de mon processus créatif. Beaucoup d’idées, de formulations… sont nées la nuit.


  • Fais-tu un plan ou ton histoire vient-elle à toi d'elle-même ? As-tu besoin d'une ambiance particulière (musique, lumières, etc … ) ?


Pour La Fugue de Barbarie, comme il fallait reconstituer une histoire, l’ordre chronologique s’est imposé. 

Je savais juste qu’il y aurait trois parties : Vivre (de la naissance à la résistance) ; Survivre (les camps d’extermination nazis) ; Revivre (la reconstruction). 

Au niveau ambiance, j’écoute toujours de la musique au casque. Essentiellement du Blues ou du Rock en langue anglaise. En revanche, je ne peux pas écouter des chansons françaises car elles m’obligent à me concentrer sur le sens des paroles… et le fil de mon inspiration en est coupé !


  • Y a-t-il une scène ou un passage de ton livre dont tu es particulièrement fier ?


Je pense notamment à celui où mon père réalise qu’aucun oiseau ne survole Birkenau. Il y a aussi la scène de l’amputation de l’index gauche, particulièrement marquante. Enfin, la fin me touche beaucoup : il porte ma sœur, bébé, dans ses bras et comprend que, comme lui là-bas, elle — à l’image de tous les enfants — porte en elle un puissant instinct de survie.


  • Comment fais-tu tes recherches pour les lieux, les personnages, afin d'apporter du réalisme à ton histoire ? 


L’écriture s’est déroulée en deux étapes. D’abord, il s’agissait de reconstituer le plus fidèlement possible l’histoire de mon père. Ensuite, j’ai enrichi le récit par des descriptions des lieux, des personnes et des moments vécus.

Ce travail a nécessité de nombreuses recherches : visionnage de cassettes d’interviews et de témoignages de mon père, mais aussi la lecture de nombreux ouvrages.

J’ai également eu la chance d’effectuer un pèlerinage à Auschwitz-Birkenau avec lui. Il m’y a montré les lieux clés — les douches, le tatouage, les vêtements — en m’expliquant ce qu’il faisait et où il dormait.

Je me suis aussi rendu à Flossenbürg et à Hersbruck, même si ces camps sont aujourd’hui moins bien conservés que celui d’Auschwitz-Birkenau.


  • Quels sont tes futurs projets d’écriture ? 


Je travaille sur deux projets plutôt photographiques.


Le premier sur les tatouages. 

Il est né d’un télescopage entre le tatouage que portait mon père sur son bras gauche consécutif à son arrivée à Auschwitz-Birkenau et un mouvement de fonds qui touche plus d’un français sur deux. Le phénomène actuel de tatouage est lui esthétique, communicatif, une affirmation de son individualité. Cette dichotomie, j’ai voulu la mettre en perspective en photographiant des personnes tatouées, en se focalisant sur deux éléments identitaires : le visage et le tatouage. 


Le second sur les bancs

Au hasard de mes pérégrinations, depuis plusieurs années, j’aime à photographier les bancs et la vie qui va avec. Je constate, avec plaisir, le réconfort universel qu’ils apportent à ceux qui s’y installent. Ce projet est hybride. J’associé à chaque photographie une courte nouvelle en lien ou pas avec l’image. 


Les deux projets sont aujourd’hui en sommeil.

Aujourd’hui, je me consacre à faire connaitre La Fugue de Barbarie. Et c’est un boulot quasi à plein temps.


  • Je te laisse, si tu le souhaites, le mot de la fin.


J’avoue n’avoir jamais imaginé écrire un livre et encore moins être publié. Quant à la reconnaissance avec le Grand Prix des Écrivains des Hauts-de-France, elle dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer.

Aujourd’hui, l’amour de la littérature s’est profondément enraciné en moi. Et j’ai hâte de retrouver du temps pour revivre ces si belles sensations.




Pour découvrir plus amplement l'univers de Pascal Caillé, je vous invite à visiter son site : https://pascalcaille.fr


Vous pouvez vous procurer son livre sur le site de son éditeur : Les passagères, ou en librairies, et sur les différentes plateformes en ligne.


La Fugue de Barbarie, Pascal Caillé,  Ma Folie Livresque

Synopsis :

« 16 juin 1945. Une ambulance me reconduit en France. Miraculeusement, je reviens de l’Érèbe. En triste état, mais vivant. Quatorze mois à subir maltraitances, privations, mortifications… dans les pires camps d’extermination nazis : Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Flossenbürg, Hersbruck, Dachau. Quatorze mois à survivre à la barbarie.

La frontière passée, je m’écroule dans un flot de larmes continu. Je pleure de tristesse ces milliers de camarades, de détenus qui, eux, ne reviendront jamais. Je pleure de haine envers mes tortionnaires. Je pleure mon enfance, certes malheureuse, mais qui m’a forgé un caractère entier empli de courage et de détermination. Je pleure de joie à ma liberté retrouvée. Cette liberté, si durement acquise.

L’ambulance me guide vers mon destin. Comme un arbre calciné, je rêve d’être une jeune pousse qui naîtrait des cendres. Je n’ai après tout que 21 ans, mais déjà vécu mille ans. J’ai une existence à construire. Une vie heureuse ? Tout en moi le désire. »



Mon conseil : Ce n'est pas une fiction, mais un témoignage brut. Il n'y a aucun filtre, rien n'est adouci tout au long de ce récit. Il faut le lire pour découvrir l'enfer que cet homme a vécu.

👉 Lien vers ma chronique ci-dessous.


➡️ En bref : 

Pascal Caillé m’a contactée pour me proposer de lire son ouvrage La Fugue de Barbarie et d’en faire une chronique, ce que j’ai accepté.

Au fil de nos échanges, nous avons évoqué le salon du polar NOIRES BRUMES, organisé par l’association Moirans Polar 39, dans le Jura. Je tiens à le remercier chaleureusement pour l’intérêt qu’il porte à cet évènement et pour son soutien !


➡️ Vous pouvez suivre Pascal Caillé sur :



➡️ Je vous partage ma chronique pour :



➡️ Actualités :

Ne manquez pas l’occasion de rencontrer Pascal Caillé lors de ses prochains évènements :

📚 Mai :

  • Jeudi 7 mai (18h00 – 19h00)

    Médiathèque Lille Saint-Maurice Pellevoisin (Nord)

  • Mercredi 20 mai (14h00)

    Préfecture du Nord

    Concours de la Résistance et de la Déportation

    Remise du prix spécial Roger Caillé aux lycéens lauréats

  • Dimanche 24 mai (10h00 – 18h00)

    Salon du livre de Vernon (Eure)


📚 Juin :

  • Début juin (date à préciser)

    CDI – Lycée Cantau, Anglet (Pyrénées-Atlantiques)

    Conférence


📚 Juillet :

  • Samedi 4 juillet (toute la journée)

    La Nuit du livre – Esquelbecq (Nord)


📚 Octobre :

  • Samedi 17 octobre (15h00 – 18h00)

    Librairie – Dunkerque (Nord)


📚 Dernier trimestre :

  • Date à préciser

    Université Brandeis – Boston (USA)

    Conférence (visio)

 


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🎙️ PASCAL CAILLE : L’INTERVIEW ! est menée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque

N'hésitez pas à laisser un commentaire ou me contacter


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