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🎙️ GERARD COQUET : L’INTERVIEW !

  • Photo du rĂ©dacteur: Mafolielivresque
    Mafolielivresque
  • il y a 9 heures
  • 8 min de lecture

Vous le connaissez tous… ou presque ! Gérard Coquet fait partie de ces auteurs dont le nom est désormais bien connu des amateurs de polars et de romans noirs.

Et pour cette 70e interview sur Ma Folie Livresque, j’avais envie de vous emmener à sa rencontre, ou plutôt de vous permettre de mieux le découvrir à travers son parcours, son écriture, ses inspirations et son actualité littéraire.


Interview, Gérard Coquet, Ma Folie Livresque

Originaire de la région lyonnaise, où il vit toujours aujourd’hui, il s’est tourné vers sa passion, l’écriture, après une carrière d'entrepreneur. Ancien juge consulaire à Lyon durant onze ans, également parolier au sein d'un groupe musical, il conjugue dans ses romans la rigueur de l'observation, le sens du rythme et une grande sensibilité. Chaque texte témoigne de son goût pour les personnages complexes, les émotions contenues et les choix qui bouleversent une vie.


🎤 À présent, place à l'interview :


  • Comment vous est venue l’envie d'Ă©crire ? Et pourquoi avoir choisi le polar et le roman noir ? 


Mon parcours d’écrivain a commencé il y a déjà longtemps, à travers l’écriture de paroles pour un groupe de musique. Souhaitant m’affranchir des contraintes propres à cet exercice — textes courts et codes spécifiques de la chanson — je me suis tourné vers le roman noir. Cet univers m’était familier, nourri par mes lectures de grands classiques du polar, de Simenon à Connelly et son célèbre personnage Hieronymus Bosch, sans oublier James Ellroy. Dans mes romans, le crime n’est jamais une fin en soi, mais le roman noir me permet d’explorer ce que chacun est prêt à taire, à préserver ou à sacrifier pour continuer à vivre.


  • Votre roman « Les Larmes d'Isabela », paru en mars 2026 chez M+ Éditions, nous plonge en 1946, entre Madrid et Lisbonne, dans l’Espagne franquiste. Comment est nĂ©e l’idĂ©e de cette histoire ? 


L’idée n’était pas d’écrire sur le franquisme. L’idée était d’écrire sur ce qui se passe à la fin. Et la fin, ce sont les îles Galápagos. C’est ce qui m’intéressait. Or, construire toute une histoire autour des Galápagos, c’est assez compliqué : il me fallait donc une bonne raison d’y aller.

J’ai alors trouvé que, pour arriver là-bas, il fallait passer par l’Espagne, puis par le Portugal, et qu’il fallait s’évader. Le véritable sens du livre, c’est donc bien un voyage entre l’Espagne, le Portugal et les îles Galápagos. Mais, dans sa conception, le livre est né dans l’ordre inverse : les Galápagos, puis l’Espagne et le Portugal.

Il y a finalement assez peu de choses écrites sur les Galápagos et, à ma connaissance, rien dans le roman noir. Mais surtout, ce qui m’a interpellé, c’est qu’aux Galápagos, il y a eu un bagne qui a ouvert en 1946 et fermé en 1959. Puisque mon histoire devait arriver aux Galápagos, il fallait qu’elle commence avant, en Espagne. Or, en 1946, l’Espagne est sous le régime franquiste et le Portugal sous celui de Salazar.

Au fond, c’est un livre sur la survie et la rédemption, et sur tout ce que ces deux notions impliquent.


  • OĂą Ă©crivez-vous ? Ă€ quel moment de la journĂ©e ? Combien de temps consacrez-vous Ă  l’écriture ? 


J’écris dans mon bureau, une pièce ouverte sur l’extérieur, entouré de toute ma documentation. C’est un espace qui m’est familier et propice à la concentration. Je fonctionne par longues sessions, je ne peux pas écrire 10 minutes sur le coin d’une table. J’écris tôt le matin et tard le soir. Je consacre entre 5 et 6 heures pas jour à l’écriture.


  • Faites-vous un plan ou votre histoire vient-elle Ă  vous d’elle-mĂŞme ? Avez-vous besoin d’une ambiance particulière (musique, lumière, etc.) ? 


Oui, je fais un plan. Je commence par définir le roman en deux ou trois mots, comme une sorte de boussole qui va guider l’écriture. Par exemple, pour « Souviens-toi de Sarah », écrit avec Ian Manook, l’idée de départ tenait en trois mots : « un roman à l’anglaise ».

À partir de là, je construis l’intrigue, que je dois pouvoir résumer en cinq ou six lignes. Tout commence généralement par ce noyau. Ensuite viennent progressivement la documentation, le décor, la temporalité, puis les personnages, avec des fiches pour chacun d’eux. 

Je n’ai pas besoin d’une ambiance particulière pour écrire. Je n’écoute pas de musique, je n’ai pas besoin d’une lumière particulière : je suis simplement concentré sur la tâche.

Et surtout, j’applique une règle essentielle que j’ai empruntée à Elizabeth George : la « colle à cul ». C’est très simple : on reste assis, collé à sa chaise, on se fixe un temps d’écriture, on coupe toutes les distractions… et on écrit. C’est moins romantique que l’image de l’écrivain inspiré, mais c’est probablement beaucoup plus efficace (pour moi).


  • Comment faites-vous vos recherches pour les lieux, les personnages et les Ă©vĂ©nements afin d’apporter du rĂ©alisme Ă  vos rĂ©cits ? 


Je cherche beaucoup de documentation en amont, parce que j’ai besoin de connaître mon sujet et mon univers, cela passe par Internet (Google, Perplexity), mais aussi l’achat de livres (fictions ou documentaires) sur une période particulière, un lieu. Les personnages naissent donc assez naturellement de l’histoire que je veux raconter et du monde dans lequel elle va se dérouler.


  • Quels sont vos futurs projets d’écriture ? 


J’ai actuellement un manuscrit achevé : une enquête journalistique teintée de noir, qui se déroule en 1976, entre la Louisiane et le Texas, qui devrait paraître en 2027.

Je travaille également sur le projet d’une trilogie qui se déroulera des années 1970 aux années 1990, sur plusieurs îles. 

Et, avec Ian Manook, nous préparons un nouveau projet à quatre mains, cette fois autour d’un roman historique.


  • Votre univers littĂ©raire est Ă©galement marquĂ© par l’Irlande, notamment avec votre trilogie « Aughrus Point », « Moorland » et « Inishbofin ». Comment est nĂ© votre intĂ©rĂŞt pour ces territoires et ces ambiances ? 


Je suis profondément attaché à l'Irlande, j’y séjourne régulièrement depuis 30 ans. C’est une source d'inspiration inépuisable. Les paysages sauvages, les villages isolés, les silences, la lumière et les traditions nourrissent des récits où les lieux deviennent de véritables personnages.  Mes romans prennent vie dans des territoires de frontière — îles, ports, campagnes, lacs ou terres isolées — où les paysages deviennent les gardiens des mémoires et des secrets des Hommes.


  • Vous avez Ă©galement Ă©crit Ă  quatre mains avec Ian Manook sous le pseudonyme de Page Comann, notamment « Souviens-toi de Sarah », « Outaouais » et « Le Bomian ». Comment est nĂ©e cette collaboration et comment se construit une Ă©criture Ă  deux ? 


Tout est parti d’un pari que nous nous sommes lancé avec Ian Manook : est-ce qu’un auteur totalement inconnu — en l’occurrence Page Comann — peut être publié par une grande maison d’édition ? Bon… la réponse est non ! Pourtant, derrière cet auteur inconnu se cachent deux auteurs déjà publiés, dont certains livres le sont chez de grandes maisons d’édition.

Pour ce qui est de l’écriture à quatre mains, chaque nouveau livre est pour nous l’occasion de nous lancer un défi et d’explorer un genre différent. Avec « Souviens-toi de Sarah », par exemple, nous voulions écrire « un roman à l’anglaise ». Ian mène l’enquête, tandis que j’ai pris en charge le journal intime, en suivant le déroulement de l’enquête. Avec « Outaouais », nous sommes davantage dans le roman d’aventure : Ian a notamment écrit les scènes de chasse. Et avec « Le Bomian », nous avons abordé le drame provençal.

La méthode varie donc selon le projet. Nous définissons d’abord ensemble le déroulé de l’histoire et la répartition du travail. Chacun écrit ensuite sa partie, puis le texte circule entre nous. Ce sont des allers-retours permanents : on se relit, on corrige, on discute, on ajuste, jusqu’à ce que tout s’imbrique parfaitement.

Le véritable secret de l’écriture à quatre mains, c’est sans doute de savoir se remettre en question et, surtout, de savoir mettre son ego sous le mouchoir. Il faut être à l’écoute de l’autre, accepter les critiques, se relire mutuellement et être capable de renoncer à une idée lorsqu’elle sert moins bien le livre.

Ă€ quatre mains, on ne cherche pas Ă  savoir qui a raison : on cherche Ă  faire en sorte que le roman soit le meilleur possible.


  • Pour terminer, je vous laisse le mot de la fin. 


Je voudrais terminer en ayant une pensée pour tous ceux qui font vivre le livre : les lecteurs, bien sûr, mais aussi les libraires, les éditeurs, les diffuseurs, les organisateurs de salon, les bibliothécaires et les auteurs évidemment. Je crois que tout le monde traverse aujourd’hui une période assez particulière. 

Et paradoxalement, je reste très optimiste. Parce que malgré toutes ces difficultés, les gens continuent à lire, les libraires continuent à défendre leurs coups de cœur, les éditeurs continuent à découvrir de nouvelles voix et les auteurs continuent à raconter des histoires. Et tant qu’il y aura quelqu’un pour ouvrir un livre et quelqu’un pour avoir envie d’en écrire un, je crois que le livre a encore de très beaux jours devant lui.

C’est peut-être finalement cela qu’il faut retenir : le monde du livre est en train de changer, mais il n’a certainement pas dit son dernier mot.




Pour découvrir et vous procurer ses ouvrages, retrouvez ci-dessous les différentes éditions, ainsi que les liens vers les maisons d’édition lorsque les livres y sont encore disponibles. Ils peuvent également être commandés auprès de différentes librairies et sur les plateformes en ligne.


La série « Malfront », « Les fantômes de la combe » (2012) et « Les mémoires de Mathilde » (2014), publiés aux éditions In Octavo (cliquez sur les couvertures).


  • Malfront les fantĂ´mes de la combe, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque
  • Malfront les mĂ©moires de Mathilde, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque

Les ouvrages « Connemara Black » et « L’Aigle des tourbières », publiés aux éditions Jigal, sont aujourd’hui disponibles auprès de différentes librairies et plateformes en ligne.


  • Connemara Black, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque
  • L'aigle des tourbières, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque

La triade irlandaise, « Aughrus Point » (2023), « Moorland » (2024) et « Inishbofin » (2025), chez M+ Éditions


  • Aughrus Point, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque
  • Moorland, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque
  • Inishbofin, GĂ©rard Coquet, Ma Folie Livresque

« Les larmes d'Isabela » paru en mars 2026 dans la Collection Noire, chez M+ Éditions

Un polar historique qui entraîne le lecteur dans un voyage entre mémoire, exil et rédemption.


Les Larmes d'Isabela, Gérard Coquet, M+ Editions, Ma Folie Livresque

Synopsis :


De Madrid aux quais de Lisbonne, une traque implacable entraîne des hommes et des femmes en fuite vers l’inconnu.

Dans l’ombre des dictatures et des prisons, certains survivent, d’autres disparaissent.

Tous portent en eux des blessures que rien n’efface.

Au fil des exils, les voix se croisent : celle de Santiago, résistant traqué, de Doña Eva, figure ambiguë de Lisbonne, de Lucía, jeune femme téméraire. De Sisa et de sa folie. Entre fidélité et trahison, désir et vengeance, chacun affronte la part d’ombre qui le poursuit.

Fresque chorale et envoûtante, Les Larmes d’Isabela interroge la mémoire et l’oubli, la fatalité des serments et la violence des choix.



Les ouvrages écrits sous le pseudonyme Page Comann :


« Souviens-toi de Sarah » (2022), « Outaouais » (2023) et « Le Bomian » (2024) sont également disponibles sur le site de M+ Édition


  • Souviens-toi de Sarah, GĂ©rard Coquet, Page Comann, Ma Folie Livresque
  • Outaouais, GĂ©rard Coquet, Page Comann, Ma Folie Livresque
  • Le Bomian, GĂ©rard Coquet, Page Comann, Ma Folie Livresque

➡️ En bref : 

Première rencontre avec Gérard Coquet en 2017, au salon Sang d’Encre à Vienne (38). Depuis, c’est toujours un plaisir de le recroiser au fil des salons et des rencontres littéraires.


➡️ Vous pouvez suivre Gérard Coquet sur :


➡️ Je vous partage mes chroniques pour :


La triade irlandaise :


Page Comann :


📚 À noter :

Gérard Coquet participe à un salon virtuel, accessible jusqu’au 30 août 2026.

Découvrir le salon virtuel et s'inscrire


➡️ Actualités :

📚 Une rencontre avec Gérard Coquet !

Ne manquez pas l'occasion de le rencontrer lors de ses prochains événements :


  • Week-end des 5 et 6 septembre 2026 : Salon L’Automne sera Noir, aux Deschaux (39)

  • Samedi 12 septembre 2026 : Salon du livre de Bletterans, Ă  Bletterans (39)

  • Week-end des 19 et 20 septembre 2026 : Lisle Noir, Ă  Lisle-sur-Tarn (81)

  • Vendredi 2 octobre 2026 : DĂ©dicace Ă  l’espace culturel Auchan, Ă  Mâcon (71)

  • Samedi 3 octobre 2026 : Salon Cha’Polars, Ă  Chaponay (69), invitĂ© d’honneur

  • PrĂ©sent uniquement le dimanche 4 octobre 2026 : Salon du livre Ă  CrĂ©mieu (38)

  • Week-end des 10 et 11 octobre 2026 : Festy Livres, Ă  Cessy (01)

  • Week-end des 14 et 15 novembre 2026 : Au Gray des Mots, Ă  Gray (70)

  • Week-end des 21 et 22 novembre 2026 : Salon L’Encre Noire, Ă  Dicy (89), parrain de cette 2e Ă©dition


🎙️ GERARD COQUET : L’INTERVIEW ! est menée par Marie-Laure, blogueuse et chroniqueuse de Ma Folie Livresque

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